Cerbère “Entêté” dans le Journal de Montréal

Gentil cerbère du jazz

Gentil cerbère du jazz

Comme disait si bien l’ami Georges Brassens, il faut parfois avoir la foi du charbonnier. En ces temps où la musique se dématérialise de plus, et où il n’est certainement pas toujours facile d’émerger, de jeunes loups se lancent dans l’arène. Quand le blogueur reçoit un mot gentil de la part d’une formation au nom prédestiné : Cerbère, bien, il fait une écoute attentive. Composé de Mäiko Dubuc au piano, Rémi Morissette à la guitare, Christian Pamerleau à la batterie et Sébastien Pellerin à la contrebasse, ce quartet naissant vient de lancer Entêté !

 

Comme toujours, il n’y a point de standards à l’horizon, mais bien 11 plages personnelles aux accents poétiques, finement jouées. Très Bill Evans dans l’âme, avec un soupçon d’Hank Jones, c’est à notre humble avis le pianiste Maïko Dubuc qui remporte la palme, avec un jeu fluide et constant, sans jamais oublier ses comparses. Son jeu, sans toutefois innover en matière harmonique, offre une sonorité brillante et un toucher bien à lui, comme nous pouvons le constater avec la pièce –phare Entêté , ainsi que dans Mouvement perpétuel. À bien y penser, nous trouvons aussi dans cette formation, une filiation avec le trio MISC, soit celui du pianiste Jérôme Beaulieu. Se reposant aussi sur ses accompagnateurs, les phrases respirent et témoignent de l’intelligence du propos.

Si l’art du trio fut souvent évalué, nous pouvons affirmer que ces quatre musiciens ont de beaux jours devant eux, pourvu que vous leur donniez votre appui, coup de pouce nécessaire à l’éclosion de nouveaux talents d’ici, précisons-le.

CHRISTOPHE RODRIGUEZ