“Jonctions” de l’Ensemble Gaudreault/Turgeon sur ICI Musique

Date de publication

16 mars 2018

Par

Frédéric Cardin

Du bon jazz à la sauce Blue Note (l’étiquette de disque) des années 1960, c’est ce qui perle hors des enceintes quand on fait jouer l’album Jonctions de l’Ensemble Gaudreault-Turgeon, constitué uniquement de compositions originales.

Un peu McCoy Tyner, un peu Wayne Shorter, Hank Mobley et Kenny Burrell via Kurt Rosenwinkel (plus récent celui-là), ce sont les références qui bravent nos connaissances de l’histoire du jazz, si la chose nous habite bien entendu.

Des années 1960 au 21e siècle

Sur Jonctions, on découvrira un jazz surtout mid-tempo et bien équilibré entre le modernisme harmonique et un déhanchement dynamique presque hard-bop qui nous ramène à un style pratiqué habilement et mémorablement par plusieurs artistes de l’écurie Blue Note dans les années 1960, ceux nommés ci-dessus et d’autres aussi. Puis, à travers ce foisonnement de références solides, il y a un peu de teintes « 21e siècle » ici et là. Après tout ce n’est pas parce qu’on plonge loin dans le passé qu’on doit oublier de regarder ce qu’il y a au-dessus de nos têtes!

Samuel Gaudreault à la guitare et Jonathan Turgeon au piano ont invité des amis comme Alex Le Blanc (contrebasse), Éric Maillet (batterie), Alex Dodier (saxophone), ainsi que Lee French et Christopher Kerr-Barr (trompettes) à les accompagner dans une aventure jazz un peu rétro-vintage. L’aventure est très réussie, car les musiciens sont à la fois véloces et soignés.

Redonner vie aux racines du jazz moderne

Quelques escapades bien bop (Truyard Pt. 2 et L’homme plante, qui pourrait avoir figuré sur un album de Freddie Hubbard) finissent de nous convaincre que ces jeunots connaissent non seulement bien leurs bases (celles, essentielles, de tout le jazz moderne), mais qu’ils savent aussi leur donner une nouvelle vie avec pas mal d’inspiration et surtout aucune ringardise.

Jazz vintage a souvent rimé avec swing et ballade bien moelleuse. C’est bon de se faire rappeler que ce n’est pas juste cela.