Annie Dominique “Rue Langevin” dans le Journal de Montréal

Femmes de cœur, femmes de jazz

Femmes de cœur, femmes de jazz

Annie Dominique

Comme bien d’autres musiciens, la saxophoniste ténor Anne Dominique travaille sur mille et un projets. De son quartette à certains grands orchestres, elle cultive le sens de l’écriture musicale. Avec une pochette toute fleurie, elle nous invite à la détente, Rue Langevin. ­Entourée d’une solide équipe, dont le joueur de trombone Jean-Nicholas Trottier et le pianiste Johanthan Cayer, la saxophoniste nous raconte des histoires, probablement au gré de ses promenades. Tel un jeune roman qui fleure bon le voyage, elle déploie habilement son style à travers 9 compostions personnelles.

http://www.journaldemontreal.com/2017/09/16/femmes-de-cur-femmes-de-jazz

Francois Jalbert & Jerome Beaulieu dans Baronmag.com

Jalbert Beaulieu, c’est en fait la fusion de l’univers du guitariste «caméléon» François Jalbert, capable de passer d’un style à un autre avec aisance et précision, et de celui du pianiste Jérôme Beaulieu, récompensé de nombreuses fois pour son talent. Ensemble, les deux musiciens aguerris accostent à la fois le jazz et le folk, la mélancolie et l’énigmatique, pour un résultat éthéré et poétique.

Amis depuis longtemps, Jalbert et Beaulieu ont décidé de se lancer dans une aventure de composition et d’enregistrement conjointe pour finalement faire naitre 11 pièces inédites. Leur album This Is A Real Place, à paraître le 22 septembre, sera célébré à Montréal au Verre Bouteille le 26 septembre, et à Québec au Maelstrøm Saint-Roch le 27 septembre.

En plus de parvenir à nous captiver avec leur musique, les deux comparses font preuve d’autant de passion et de lyrisme dans leurs mélodies que lorsqu’il s’agit de nourriture! On avait envie d’en savoir plus et on leur a fait répondre à notre traditionnel questionnaire bouffe. En attendant de découvrir leur nouvel album, ils vous prouvent que la musique et la nourriture sont définitivement complémentaires!

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Stéphanie Simpson

Quelle est ta relation avec la nourriture?

François Jalbert: Polygame.

Jérôme Beaulieu: La passion totale! Ne pas avoir choisi la musique comme gagne-pain, j’aurais été chef cuisinier. J’y ai longtemps songé. C’est tellement proche du jazz à mon avis: après avoir appris les techniques de base, tu combines tout ça et tu te crées un langage et une signature bien à toi avec des trucs empruntés et des trucs inventés, langage que tu chercheras à parfaire toute ta vie sans jamais complètement y arriver. OK, j’me calme, il reste d’autres questions!

Qu’est-ce que tu écoutes comme musique lorsque tu cuisines?

F.J. : En général, quelque chose que je n’ai jamais écouté avant. Je trouve que cuisiner, c’est un super moment pour faire de l’écoute active.

J.B. : Tout ce qui est nouveau dans ma librairie musicale et que j’ai le goût de découvrir! Dernièrement c’est les deux albums précédents de Fred Fortin que je n’avais pas encore écoutés d’un bout à l’autre avec attention (Plastrer la Lune et Planter le Décor) et l’album Bones de Son Lux.

Quelle est la première recette que tu as appris à faire? Peux-tu nous l’expliquer?

F.J.: Bonne question! Je ne m’en souviens pas vraiment… Ça devait être quelque chose de simple comme des pâtes ou un grilled-cheese!

J.B.: Ma mère m’a assis d’innombrables fois sur le comptoir à côté d’elle pour faire à manger quand j’étais tout petit, donc c’est impossible pour moi de me rappeler où ça a vraiment commencé tout ça… J’me rappelle distinctement d’un moment où j’ai décidé de prendre le contrôle d’un repas par contre, c’était au retour d’un voyage en Caroline du Nord; les chefs de l’hôtel où on restait nous avaient fait visiter la cuisine et donné des chapeaux de chef, donc en revenant j’avais mis mon chapeau et j’avais fait une assiette de pâtes pour toute la famille que j’avais décorée avec des fines herbes du jardin. Mon souvenir s’arrête là, y’a une photo quelque part dans un album qui pourrait nous en dire plus j’pense!

Quels sont les aliments dont tu ne pourrais jamais te passer et pourquoi ?

F.J.: De l’huile d’olive, des épices, de la sauce piquante, des pâtes. Ça fitteavec à peu près tout ce qui traînera dans ton frigo!

J.B.: Viande et sauce piquante! Je suis carnivore à fond… mais j’essaie d’acheter des trucs plus orientés vers l’élevage local et responsable pour des raisons éthiques et de santé.

As-tu des demandes spéciales aux promoteurs de spectacles lorsque tu es en tournée?

F.J.: Du local si possible! C’est vraiment le fun de voyager et de goûter les produits locaux!

J.B.: Des trucs locaux idéalement! On accorde de plus en plus d’attention à la production locale au Québec (les bières de micros en sont un exemple) et ça fait plaisir de découvrir les spécialités de la région!

Qu’est-ce que tu manges avant de monter sur scène?

F. J.: C’est plate à dire, mais ce qui traîne dans la loge en général…

J.B.: Ce qu’il y a à portée de main, pour le meilleur ou pour le pire! Si j’peux m’asseoir et manger tranquille, c’est l’idéal, mais ce n’est pas toujours possible.

Quel est le pire repas que tu aies mangé en tournée?

F. J.: Un suprême de poulet bien sec accompagné de rosbeef semelle de botte resservi trois jours de suite dans le même motel avec des sauces kraft différentes pour nous faire croire que ce n’était pas la même chose. Pas de légumes. Pas de fruits.

J.B.: Servi un gros 5 minutes avant de monter sur scène, question de bien digérer, une déclinaison des mêmes produits servis soit dans un sandwich ou sur un nacho composait le menu de cette salle dont je tairai le nom. On avait droit à de la viande cheap (genre Hamburger Helper) et des sauces de type “en sachet”.

Qu’est-ce que tu aimes mettre comme musique pour faire l’ambiance?

F. J.: Ces temps-ci, ça ressemblerait à ça: Relaxin’ with the Miles Davis QuintetSoul Station de Hank Mobley, du Billie Holiday ou Andy Shauf.

J.B.: Pendant le repas, j’y vais généralement avec quelque chose de plus tranquille, genre Gonzales en piano solo ou encore Chet Baker.

Si je t’invite à souper, qu’est-ce que je devrais cuisiner pour t’impressionner?

F. J.: J’aime n’importe quoi… tant que c’est fait avec amour!

J. B.: Rien de compliqué, juste avec des bonnes techniques de base et des bons ingrédients frais! De toute manière, quand la personne qui cuisine aime bien manger elle peut faire n’importe quoi et ce sera bon.

 

https://www.baronmag.com/2017/09/jalbert-beaulieu/

Francois Jalbert et Jérôme Beaulieu, “This is a real place” dans ICI Musique

 On connaît déjà le pianiste jazz Jérôme Beaulieu pour son travail au sein de son trio homonyme (Révélation Radio-Canada en 2013-2014). Le guitariste François Jalbert, lui, est doublement lauréat du Grand Prix de guitare de Montréal (en 2006 et en 2008), en plus de donner son nom à un quatuor dans lequel se trouve — il n’y a pas de hasard — Jérôme Beaulieu. Les deux musiciens se connaissant donc depuis quelques années, ce n’était, de ce fait, qu’une question de temps, ou de volonté, avant de les voir lancer un album en duo.

This Is a Real Place est donc le fruit de leur première collaboration en tant que couple musical. D’un côté, nous entendons le piano parfois subtilement americana, parfois aérien, de Beaulieu. De l’autre, Jalbert nous offre des incursions guitaristiques qui frayent avec le manouche qu’il affectionne tant, mais aussi avec le bluegrass, donnant finalement des touches qui évoquent à la fois les musiques aux racines nord-américaines et celles plus modernes. Remarquez que cela ne les empêche pas de s’amuser à revisiter une des Danses norvégiennes, d’Edvard Grieg, seule pièce non originale de cet album, qui se termine le pied léger par une visite dans un Snack bar aux airs de saloon. 

Conçues, pensées et réalisées dans la simplicité (sans effets de studio et probablement sans surimpressions d’instruments), les musiques de cet album viennent tranquillement se nicher dans notre oreille, paresseusement, s’offrant à nous sans maquillage ou crémage. Et c’est pour le mieux, parce qu’elles n’ont pas besoin de sucre ajouté; les ingrédients sont d’assez bonne qualité pour qu’on ait envie, pour paraphraser certaines émissions de cuisine, de respecter le produit.

Il n’y a pas à dire, cet endroit réel est bien agréable à visiter!

Par 

François Lemay

22 sept. 2017

http://www.icimusique.ca/albumsenecoute/510/jalbert-beaulieu-duo-probable

 

Charles Trudel “Fruit” dans l’Écho Abitibien le Citoyen

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Fruit était mûr pour le pianiste jazz Charles Trudel, qui vient de lancer son premier album à 30 ans, le 8 septembre.

Le «Fruit» est mûr pour le pianiste Charles Trudel

“C’est mon premier album sous mon nom, en tant que leader. Le jeu instrumental de chacun des musiciens est mis de l’avant, mais ce sont mes compositions, mon projet… toute ma musique originale”, raconte celui qui a participé à de nombreux albums comme musicien.

Composé et enregistré dans le cadre de sa maîtrise en Interprétation Jazz à l’Université McGill, en mars 2016, cet album aurait pu ne jamais voir le jour. «C’est mon projet de maîtrise et je l’avais un peu mis de côté. C’est en le réécoutant que j’ai réalisé qu’il y avait quelque chose à faire avec cet enregistrement. J’ai décidé de le pousser», confie Charles Trudel, qui pourra dorénavant utiliser son album comme carte de visite.

Vision moderne du jazz traditionnel

Intitulé Fruit (MCM, 2017), ce premier album regroupe donc dix compositions de l’Amossois d’origine. «Je ne peux renier mes influences old school jazz de la fin des années 50 et début des années 60. Mais les arrangements sont plus modernes. On est surtout en sextette sur l’album, avec un noyau de musiciens solides avec lesquels je joue souvent», fait-il valoir.

L’album a donc été enregistré l’an dernier dans le cadre de sa maîtrise, mais il a depuis été peaufiné, avec un mix et un mastering. Toutefois, le pianiste a voulu conserver l’interprétation la plus intacte possible.

«C’est enregistré dans un contexte de maîtrise, alors on n’a pas répété des tonnes de fois. Je pense qu’on a fait une répétition et demie avant d’entrer en studio. Les pièces sont fraîches pour tout le monde. On a joué les pièces deux fois chacune et j’ai conservé la meilleure take. Ce n’est donc pas surjoué. On fait des fautes, on s’écoute plus et ça fait très jazz, je trouve», estime celui qui accorde beaucoup d’importance à la part d’imperfections et d’improvisations dans l’interprétation.

-Pierre Corvaisier

http://www.lechoabitibien.ca/culture/2017/9/19/le–fruit–est-mur-pour-le-pianiste-charles-trudel.html